La France réengage son bras de fer avec les géants de la technologie

Posted on

La France va exiger des grandes entreprises technologiques qu’elles paient des taxes sur les services numériques, une mesure qui risque de déclencher des représailles de la part du président sortant Donald Trump et d’entraîner la nouvelle administration américaine dans une nouvelle bataille commerciale.

Une taxe déjà actée

La taxe de 3 % sur les revenus des services numériques dans le pays a été introduite l’année dernière. Mais le gouvernement français a suspendu la perception de cette taxe pendant que les négociations sur une révision plus large du système fiscal mondial se déroulaient à l’Organisation de coopération et de développement économiques. Ces négociations n’ont pas abouti à une percée.

« Les entreprises ont reçu l’avis d’imposition pour cette année », a déclaré le ministère des finances dans un communiqué mercredi. Google, Facebook et Amazon font partie des entreprises technologiques américaines qui devront payer la taxe, qui s’applique aux entreprises ayant un revenu mondial de plus de 750 millions d’euros (894 millions de dollars).

Cette décision ouvre la voie à un affrontement transatlantique juste avant que M. Trump ne quitte son poste.

La réponse américaine

Son administration – qui s’est retirée des négociations de l’OCDE en juin – s’est engagée à prendre des mesures de rétorsion si la France décidait d’aller de l’avant avec cette taxe, et elle pourrait imposer des droits de rétorsion sur 1,3 milliard de dollars de produits français, y compris des sacs à main et des cosmétiques, dès le 6 janvier.

Cela pourrait mettre la nouvelle administration américaine dans une position difficile alors qu’elle cherche à faire face au Covid-19 et aux retombées économiques de la pandémie. Le président élu Joe Biden s’est engagé à reconstruire les relations avec ses principaux alliés. Mais les démocrates se sont déjà opposés à ces taxes sur les services numériques, qui, selon eux, visent injustement les entreprises américaines.

Le ministre français des finances, Bruno Le Maire, a déclaré en début de semaine qu’il espérait convaincre Joe Biden de se réengager dans le processus de l’OCDE afin qu’un accord puisse être conclu. Le gouvernement français a toujours dit que les taxes reviendraient en vigueur en décembre en l’absence d’un accord, a-t-il ajouté.

Le débat sur la manière dont les entreprises technologiques devraient être taxées dure depuis des années.